Principes généraux de la 15e cible
Comme le montre ce pylône spontanément végétalisé, les processus naturels de colonisations sont nombreux et efficaces (Ici, en Hongrie). l’architecte doit cependant veiller à limiter tout risque, par exemple ici de court-circuit.
Il ne s’agit pas non plus de coûteusement produire une nature artificielle difficile à entretenir
Un premier principe est celui de la complexité inhérente au fonctionnement des écosystèmes, vue comme condition nécessaire à la restauration ou au maintien de la Biodiversité visée par la 15 cible. Plus un milieu est complexe (creux, bosses, zones d’ombre, de soleil, sèches, humides, milieu boisé, strates herbacées, etc.), plus il est susceptible d’accueillir une faune et une flore riches et diversifiées et plus il développera de fonctions écologiques qui deviendront des « services écologiques » si l’architecte a su les prendre en compte comme telles. Le vivant se développe et se différencie en fonction de conditions particulières et souvent nécessaires. C’est pourquoi l’approche HQE cherche à développer l’offre en biotopes (naturels ou de substitution, mais adaptés au contexte local), afin qu’un grand nombre d’espèces puisse y trouver refuge, nourriture, ou simplement utiliser ces biotopes comme corridors biologiques.
Un second principe est celui de l’auto-entretien du milieu. L’écosystème doit pouvoir se stabiliser et se réguler de lui-même ou à faible coûts pour les occupants humains. L’Homme devrait n’y intervenir que le moins possible, ce qui nécessite paradoxalement, étant donné le caractère artificiel de toutes constructions groupées, dans le cadre d’un habitat répondant à la 15 cible HQE, d’établir, dès la construction voire avant elle, un plan de gestion du milieu. Il faut par ailleurs souvent des années, voire des dizaines d’années ou siècles, pour qu’un milieu perturbé par l’homme retrouve un certain équilibre.
Un troisième principe est celui du « remboursement de la dette écologique » du construit, en veillant à ce que la faune ou la flore ne posent toutefois pas de problème de compatibilité avec l’infrastructure construite en question (Ex : risque de court-circuit sur l’image ci-contre), ou ne mettent pas en péril la faune.
Un quatrième principe est celui de la sécurité pour l’Homme. A titre d’exemple, si l’on veut pour des raisons écologiques garder du bois mort dans les espaces « naturels » ou le réintroduire avec des chronoxyles, celui ci est “mis en sécurité”, et surveillé de manière à éviter les accidents, tant que possible.