Bilan d’étape pour la région Nord Pas-de-Calais (en 2005)
Dans cette région pionnière, où l’approche HQE a été développée en 1993, environ 150 réalisations ont été faites en 10 ans, en région Nord/Pas-de-Calais, essentiellement en milieu urbain et périurbain : logements sociaux, établissements scolaires, équipements publics, bureaux…
- - On constate des économies d’énergie et d’eau de 20 à 30 % et une réduction de 50 % des émissions polluantes.
- - Le coût supplémentaire initial de 0 à 15 % est rapidement remboursé par les économies de fonctionnement. On peut maintenant envisager des maisons à énergie positive (produisant plus d’énergie qu’elles n’en consomment).
- - Une sensation de confort et de bien-être est largement exprimée par les usagers.
- - De nombreux projets ont traité une ou plusieurs cibles de manière prioritaire, en fonction du contexte.
- - La demande augmente de la part des commanditaires, nécessitant des dispositifs de formation des artisans (en cours).
- - Un projet de quartier HQE Ã Lille.
- - Des outils d’accompagnement ont été créés avec le Conseil Régional, l’ADEME, la DIREN, les CAUE, l’école d’architecture et de paysage de Villeneuve d’Ascq, dont un Atlas régional des paysages, le premier à intégrer un volet écologie du paysage, un atlas éolien régional, des aides à l’installation de panneaux solaires, un prêt (Isolto) pour encourager l’isolation des toitures, des aides à l’établissement d’un profil environnemental local destinés à aider les territoires à identifier et maîtriser leurs ressources naturelles pas, peu, difficilement ou coûteusement renouvelables, de manière à en tenir compte dans leurs projets d’aménagement, une Mission Gestion différentiée, une pépinière capable de fournir des plans génétiquement variés d’espèces locales (Pépinière de Haendries), des atlas et document d’accompagnement d’une trame verte et bleue (TVB), des plaquettes de sensibilisation, modules de formation, etc.
Des premiers bilans, on peut déduire que si d’ici 2010, 100 % des lycées, 70 % des collèges, 30 % des établissements publics et des logements sociaux et 5 % des bureaux et des logements privés étaient ainsi construits ou réhabilités suivant une démarche HQE, on pourrait espérer :
- - au moins 30 % d’économie d’énergie dans le résidentiel et le tertiaire
- - au moins 16 % d’économie en eau potable
- - un potentiel d’emplois de 10 à 15 000 emplois directs et indirects
- - la constitution par la qualification des maîtres d’œuvre et entreprises du bâtiment, d’un pôle de compétences régional
- Vers des routes HQE ? En France, avec l’assistance du CSTB et d’autres acteurs, le conseil général du Nord a mis en place en 2005-2006 un groupe de travail sur ce thème.
- Une quinzième cible HQE ? Un début de réflexion existe depuis 2004 avec notamment la direction Environnement du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais sur le thème d’une quinzième cible HQE visant une meilleure intégration de la biodiversité. Cette cible intégrerait aussi et plus largement l’idée de « remboursement de la dette écologique » (du bâti et de ses habitants ou usagers).
- Moins de pollution lumineuse : L’ADEME a mis en place fin 2005 une formation sur la maîtrise de la demande en électricité, concernant l’éclairage et intégrant les aspects dits de « ”pollution lumineuse” », alors que l’AFE (Association Française des Éclairagistes) publiait son premier guide sur les “nuisances lumineuse” ; autant d’éléments qui pourront aider à une meilleure prise en compte de ces facteurs, en particulier pour l’éclairage extérieur qui prend une importance croissante.
- Vers une certification : Le 1 mai 2006, l’activité de certification des acteurs et des ouvrages de construction initiée au sein du CSTB est transférée à une nouvelle société dénommée Certivea qui conçoit, développe, et réalise des prestations de certification d’acteurs et d’ouvrage de construction
Pistes d’amélioration et de réflexion :
- - Choix du lieu d’implantation ;
- Ce choix échappe généralement à l’architecte, voire au prescripteur. On peut regretter que certains sites à vocation HQE soient éloigné des réseaux de transport en commun, construits en zone inondable ou qu’ils contribuent à fragmenter les écosystèmes. Comment encourager le maître d’ouvrage à localiser de manière écologiquement cohérente le bâti et les infrastructures le desservant, en tenant compte du contexte écologique, paysager, urbain, socioéconomique, et de manière à minimiser les flux, les distances de déplacement (et la consommation d’énergie et les sources de pollutions et nuisances y afférant ?… Encourager l’intégration très en amont de la HQE à l’échelle des Pays, des Agglomérations, par ex dans le cadre d’un Agenda 21, d’un SCOT (Schéma de COhérence Territoriale en France) est une des pistes développées mi 2007 par le Grenelle de l’environnement (Atelier 1)
- - L’intégration du Vivant (faune et flore)
- Il est approché pour des raisons esthétiques, mais il est nécessaire pour des raisons éthiques et fonctionnelles (voir quinzième cible HQE). Il est trop souvent limité au végétal. Les équilibres écologiques nécessitent la présence d’une faune minimale. Les pollinisateurs, les insectivores méritent une attention particulière. l’éclairage nocturne ne doit pas les perturber, etc. Ils devraient trouver place :
dans le bâti extérieur (enveloppe, cours intérieurs, fondations, surplombs, etc, dans un esprit proche du concept de maison-nichoir),
dans certains espaces tampons, pour certaines espèces (type véranda, jardin d’hiver, dans la mesure du possible planté dans le sol naturel),
dans certains espaces intérieurs (ex : système d’épuration de l’air, des eaux usées utilisant les plantes comme Phyt’air, les algues, mais aussi les bactéries et d’autres organismes aquatiques), avec les précautions et le suivi qui s’imposent.
en prévoyant des niches écologiques pour les espèces potentiellement présentes après que l’environnement se sera amélioré et non pour les seules espèces présentes au moment de la réalisation de l’état initial ou du profil environnemental.
Les principes de l’intégration de la biodiversité dans l’environnement humain (structure bâtie et non bâtie) sont résumés dans l’article biodiversité dans le bâti et le jardin.
- - Le développement de fonctions compensatoires et restauratoires.
Ces deux fonctions sont nécessaires à un objectif de « remboursement de la dette écologique ».
Ceci implique d’inscrire le bâti dans un réseau écologique fonctionnel (maillage de corridors biologiques à créer, restaurer, préserver, puis gérer (gestion écologique et restauratoire, et donc différentiée).
Le bâtiment et ses occupants ne devraient-ils pas produire plus d’oxygène qu’ils n’en consomment, et rejeter de l’eau et de l’air aussi ou plus propres que ce qu’ils auront prélevé dans le milieu ? Leurs déchets organiques et ceux des espaces verts ne devraient-ils pas systématiquement contribuer à restaurer les écosystèmes (quand cela ne pose pas de problème sanitaires) ?
Des niches écologiques compensatoires pourraient tendre à effacer l’empreinte écologique des aménagements et de leur fonctionnement.
La mesure de l’empreinte écologique, qui est nécessaire à l’évaluation de la dette écologique.
Projets de villes-HQE, dans les monde…
- divers projets d’éco-towns ou vastes quartiers HQE ont abouti (« Mountain View » en Californie, « Hammerdy Sjöstat » en Suède, « New Songdo City » en Corée, ou encore les Ecotowns anglaises notamment inspirées par le quartier de Bedzed).
Royaume-Uni : le Premier ministre Gordon Brown annoncait lors de son investiture la création de cinq Ecotowns dans le pays ; de 10.000 à 20.000 habitants chacune, la première étant créée par l’Etat et les suivantes sur initiative locale. Un appel à projet a suscité près de quarante candidatures de villes anglaises, ce qui a incité le gouvernement à étendre ce programme à dix écotowns - La France a pris du retard, mais dans la dynamique du Grenelle de l’environnement, en en 2007, l’idée d’encourager la réhabilitation HQE et de construire des villes HQE renouvelées sur elles-mêmes a progressé. La commission Attali a également en 2007 proposé de créer avant 2012 au moins dix « ’Ecopolis’ » ; des villes nouvelles HQE, comprenant 20 % d’espaces verts, favorables à la biodiversité, et qui abriteraient plus de 50.000 habitants, en intégrant un haut niveau de NTIC, de l’emploi local et une mixité sociale, alimentées par de l’éolien et du solaire et jouant le rôle de vitrine et laboratoire en matière de sobriété énergétique et en eau. Les écopolis restent critiquées par plusieurs ONG si elles doivent encore contribuer à l’étalement urbain et à augmenter le réseau routier. Ces dernières souhaitent une réhabilitation HQE de villes à densifier.